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Discours du Trentenaire

par Président de la Conviviale

Thursday 8 October 2009article n°20

Allocution bucolicodrôlaticopolitique

J’ai choisi, Chères Convives, chers Convives, de faire
En vers alexandrins, ce dit du trentenaire,
D’abord pour m’amuser, ensuite pour vous plaire
Et prolonger celui du fameux décennaire
Que nous allocutâmes vingt années en arrière
« En vers de mirlitons écrits sans trop s’en faire ».

(A ceux qui sont du bon côté du numérique,
Je signale qu’ils peuvent l’entendre sans musique
Sur le nouveau tout beau site du Pochon Magique
Réalisé gratos, ce n’est pas l’ Amérique,
Par trois jeunes étudiants en science informatique
Qui n’ont en rien cédé à la mode hystérique).

www.lepochonmagique.fr
Comme quoi le Pochon, même s’il n’en a pas l’air
Vit dans son temps et n’a pas l’âge de ses artères.
Le problème cependant quand on écrit en vers
Est que les mots tout seuls se mettent à faire les fiers
Et dictent la pensée de leur propriétaire.

Il faut donc s’en méfier et les tenir en bride
Si l’on ne veut, danger, sacrifier à la rime
Et laisser le discours s’embourber dans la frime,
Rouler son auditeur dans la blanche farine
Pérorer, bavarder, sans aller à la ligne,
Et sans jamais du sens donner le moindre signe.

Or donc reprenons, le propos qu’un instant
Nous avons oublié, pour venir maintenant
Au sujet qu’il nous faut bien aborder céans :
Le Pochon, vous l’savez, a aujourd’hui 30 ans
Et comme vous le voyez, encore toutes ses dents
Car c’est d’ la bonne cuisine que l’on a fait dedans !

Il faut dire cependant quitte à se répéter
Que sur son berceau les fées se sont penchées :
Du bel esprit de mai, il était né coiffé,
Qui voulait, rien que ça, le Vieux Monde changer !
Nous ne devons jamais pour la soupe l’oublier
Et jeter aux orties avec l’eau le bébé.

Nous avons quelle chance fait confiance à nos rêves :
Tenter de vivre heureux et briser quelques chaînes
Tricoter à la main des vies modestes et pleines
Ici et maintenant sans attendre la Trêve,
Le Grand Soir, Ouh lala la Générale Grève,
Sans bouder notre joie, sans ménager nos peines

Ce n’était pas bien sûr l’unique solution :
Elle ne rend pas caduque l’idée d’ Révolution.
Mais celle-ci aussi a pris quelques vieux gnons...
Ce que nous avons fait dans la cité du Lion
Nous en sommes conscients n’est qu’une évolution
Locale, banale mais non pourtant sans ambition.

La triste débandade des néo libéraux,
Qui brûlent aujourd’hui, comme de vrais blaireaux
Qu’ils sont, d’hier encore leurs néo oripeaux
Apporte à nos moulins alternatifs de l’eau,
Qui redonne santé à nos vieux idéaux
Et font de l’utopie quelque chose de beau.

Développons l’alternative économie !
Associations, coopératives, osons ma mie !
Difficile de faire pire que nos vieux ennemis !
Travaillez moins pour vivre mieux, pauvres fourmis!
C’est ce que nous devons ne pas faire à demi
Il y va du bonheur : c’est sérieux les amis !

Ainsi est née petit à p’ti la Conviviale,
C’est tout petit , c’est pas très riche, c’est amical.
On y bosse, on discute, on est parfois trivial
Mais des idées souvent c’est un vrai festival :
Et l’atmosphère ici, en dépit qu’on s’y caille
Plus souvent qu’à son tour, est plutôt estivale.

On garde la tête froide même si l'on est maboule
Et parce que nous pensons que Small is beautiful
Nous n’avons pas cherché à attirer les foules.
Personne n’a cherché à s’en mettre plein les fouilles
Et n’a cédé jamais aux nombreux casse pieds,
Qui voulaient tout le temps, chaque fois tout changer.

Ainsi depuis trente ans, très faible turn over,
La même équipe ou presque résiste au rude hiver
Affronte les épreuves, les coups les plus divers
De la lettre anonyme qui nous vouait aux vers
Aux indispositions des vols alimentaires
Ou des chicanes des services vétérinaires.

Mais le plus beau pourtant a été ce printemps
Où le propriétaire voulait vendre comptant
Cette petite maison que depuis 25 ans
Nous occupions, payant symboliquement
Un loyer tout petit dont nous étions contents
Et qui seul a permis de durer tout ce temps.

Il fallait acheter ou se faire éjecter
Vous fûtes 400 – Pierre qui sait compter
Vous dira juste combien vous fûtes à acheter
Des parts du capital qui pouvait nous sauver :
60000 euros en deux mois font sauter
Le géant thermomètre que Pierre avait monté.

Placé devant la porte il offrait au public
De cette souscription la montée sympathique.
La presse s’empara de cette histoire unique :
Les gaulois résistants du p’tit Pochon magique
Faisaient échec et mat aux agences cyniques
Et emportaient l’affaire de manière ludique !

Il se trouva qu’un soir nous passâmes au 20h
La France toute entière qui ronchonne à cette heure
Nous vit à la télé et pu croire au bonheur.
Sans blague on nous l’a dit ! C’est un sacré moteur,
Qui nous a mis 6 mois vraiment de bonne humeur !
Merci encore mille fois : ça met du baume au cœur.

Après on redescend de son petit nuage :
La rose a des épines : l’oublier n’est pas sage.
Les jaloux, les envieux laissent éclater leur rage
De vieux ressentiments ils entrouvrent la cage.
Pleuvent alors les ennuis : s’abriter de l’orage
Nous occupa trois ans et augmenta notre âge.

Aujourd’hui c’est fini et nous sommes hors d’eau.
Chacun est à sa place, le fisc fait le beau
Silencieuse est l’URSSAF, de l’hygiène le labo
Conclut régulièrement qu’il n’y a pas d’ bobos
Ni de staphylocoques dorés sous l’escabeau...
Mais dans notre escarcelle pas le moindre lingot !

Qu’importe ! nous savons aujourd’hui comme hier,
Que l’argent, le magot, comme le disait ma mère
Et d’autres choses encore, ne s’emportent au cimetière.
Les amis valent mieux que la vile matière.
Nous sommes contents comme ça et maintenant j’espère
Que vous l’êtes aussi et passerez l’hiver !

Avant que 120 vers, ne vous cassent les pieds
Je passe la parole à Vatrick Poignier
Vice Président en titre et sur la pointe des pieds
De ce pas je m’en vais me rincer le gosier
Et proposer un toast à la noble assemblée :
Au Pochon magique, à tous : Bonne santé !